Vive le cyclo-cross, en direct sur France 3 … !
Traditionnellement disputé et diffusé (depuis 1990), en direct et en « clair », le jour de l’étape de repos d’un sticker Paris-Dakar publicitaire, faisant « Une » et demi bilan des ocres dunes d’un raid, polluant et souillant beauté et pauvreté africaine, quoique, celle-ci, régulièrement battue, en terme d’audience, par le Championnat de France de Cyclo-cross , France 3, chaîne publique accessible à tous, de nos deniers versés, n’a pas jugé bon, face à une molle FFC, pour défendre cette déclinaison cycliste d’origine française, d’ouvrir son antenne à cette discipline unique et rare, journée de repos saharienne ne coïncidant point cette année, avec cette épreuve.
Donc, selon « cette chaîne à tirelire », la sportive plage ne servait plus à rien, préférant saupoudrer sa morne après-midi de sempiternelles séries policières surannées et lénifiantes
Pire, elle entend bien basculer le sport dominical vers France 4, la « gratuite » qui nécessite l’achat de matériel d’accès, au prétexte que ses programmes sont axés pour la jeunesse.
C’est ce qui s’appelle de la ségrégation, car le sport appartient à toutes les classes d’âges et sociales ! Fausse privatisation masquée qu’elle est, tout simplement !!
Conviviale compétition sportive hivernale, F 1 d’un cyclisme vrai et nature disputé en de magnifiques sites, stades de plein air qui, de ses dignes circuits exigeants, à la française, dessinés d’abruptes talus et « prairials » devers glissants ourlés de sous-bois roulants et stabilisés, le cyclo-cross y conjuguent puissance et technique, reléguant les jaunis clichés de pédestres bourbiers et labours sauvages, à l’Histoire, pour laisser place à la vitesse
à vélo, ne gardant que la technicité d’obstacles sains que la météo module sans submerger.
Pour tant, faut-il supprimer les planches qui constituent sa spécificité hautement technique et physique et son appellation. S’il convient d’attirer des routiers polyvalents, ce sport doit conserver ses nobles valeurs d’agilité et de changements de rythmes, avec foulées et portages, et non le réduire à du bi-cross avec artificielles buttes trampolines qui ne cassent plus qu’un billard sur cendré, là où rythme n’est plus que virgules de virages sans fractions !
En attribuant l’exclusivité et le direct à son argentée filiale à péage qu’est France 4, cette chaîne se priva, le temps d’un après-midi, d’une jolie course âprement disputée et haletante de stratégies et de punch.
De la sorte, eux, ces teigneux « guerriers » spécialistes qui, de leurs potentiels, séduisent les équipes du Pro Tour, et nous donnent, à en juger, rendez-vous sur le Tour de France, en juillet, ils ont su, ce dimanche frisquet, sortir des brumes, notre enthousiasme, dans le cadre d’un grandiose circuit recélant vitesse, relances, hautes voltiges d’équilibrisme, empruntant même les dédales pavés du tunnel et la cour du féodal Château de Sedan et, nous donner l’envi de les suivre aux Mondiaux, dans trois semaines, mais, cette fois-ci, pas en différé intégral, à deux heures du matin, sur France 3, mais en direct et pour tous! Un podium d’un crossman français étant envisagé et possible.
J’ose espérer que cette erreur ne se reproduira pas l’an prochain où, le « National », se produira sur l’authentique circuit breton de Lanarvilly, une des cathédrales « classiques » réputées pour son exigence physique et technique qui à déjà accueillit les Championnats du Monde de ce sport repensé et télévisuel qui accroche de par ses rebondissements où, lutte est contre l’adversaire et la chute lorsque la météo s’y mêle, mais ce, sans se démêler, en butte àun bourbier, a pied.
« Contre la montre d’une heure se jouant des vallons naturels et d’un sol selon température, crotté, certes de boue, mais à vélo, pour un sport debout et cela, pratiquement de bout en bout, passages à pieds secs exceptés, puisque piments de la course cyclo-cross qui décline cycle et cross et pas tout terrain. »
Il convient, cependant, de féliciter et remercier, ces très belles images diffusées d’un sport authentique délié de l’argent facile qui paie le sportif avant la compétition, ce qui laisse place au goût de l’effort sans retenu, du panache et du mental, et adresser un très grand bravo aux organisateurs de Sedan, ces créateurs d’évènements.
Le public (10 000 spectateurs) est votre médaille méritée, car votre voisine Belgique, première nation mondiale où ce prisé et populaire sport est roi, ne fait que 15 0000 entrées. Pontchâteau, autre capitale française du cyclo-cross avec Nommay …, a déjà affiché 20 000 personnes.
Le cyclo-cross : un présent plein d’avenir qu’il faut préserver !
Michel Cosnuau, Le Mans